Les traits caractéristiques de cet
état d'esprit rappellent là encore le petit enfant.
C'est d'abord la présence à l'instant, l'ouverture
et la "joie de l'esprit" qui sont cultivées.
La "joie de l'esprit" et la paix du cœur sont certainement
les objectifs les plus essentiels pour le pratiquant de Tai Chi Chuan.
Ces traits de l'esprit sont en relation profonde avec le corps et le souffle,
ainsi qu'avec notre état de santé.
Le corps se comporte comme un langage qui raconte notre histoire. Y sont
inscrites nos peines, nos fatigues, notre colère comme autant de
poids qui ont étouffé la joie naturelle et spontanée
de l'enfance. On ne peut pas ignorer ce poids car il gène et déforme
le corps, attriste l'esprit ; il nous empêche de goûter simplement
la joie de vivre et de respirer. La vision paradoxale du Tai Chi Chuan
indique que c'est en pénétrant profondément dans
les sensations de notre propre poids que l'on va retrouver ce qui enracine,
le sens de nos fondations et ensuite l'inspiration, l'intuition du geste
ouvert, juste, tranquille, détendu et léger.
Les conditions de la respiration servent de fil conducteur pour toute
la pratique. L'expression de cette légèreté est dans
l'image de tout le corps qui respire en harmonie avec ses propres rythmes
internes et avec le mouvement extérieur. Cette notion d'harmonie
fondamentale forme un paradoxe avec celle d'art martial. Pourtant c'est
la même sensation d'harmonie que l'on éprouve en voyant un
pratiquant de haut niveau, tant dans les mouvements de la forme que dans
leurs applications martiales.
La forme est en fait une succession d'actions de combat enchaînées
au rythme lent et régulier d'une respiration profonde.
Les frappes ou les défenses se suivent sans heurts, avec douceur
et précision et avec une parfaite concentration. En fait, il
est nécessaire de connaître le sens des actions et de disposer
de moyens de contact pour pénétrer vraiment dans la réalité
de l'action, dans la réalité de l'énergie.
C'est dans le sens de nombreux exercices simples de contact qui illustrent
les cours. Ces exercices permettent d'éprouver la capacité
d'action ou d'enracinement de l'étudiant. Ils permettent surtout
de développer une qualité d'action spécifique, caractéristique
de l'énergie interne. Après plusieurs années de ce
type d'entraînement, on peut envisager d'aborder l'application martiale
des mouvements contenus dans la forme.
En écho au principe fondamental de la polarité Yin / Yang,
on recherche la puissance dans la légèreté, la rapidité
par la lenteur, la paix du cœur dans la confrontation. C'est
pourquoi le Tai Chi Chuan est considéré comme un art particulièrement
profond et difficile à maîtriser.
Le Style Yang Traditionnel présente la particularité
d'avoir organisé l'enseignement suivant une progression des principes
internes qu'on retrouve dans toutes les facettes de la pratiques d'une
manière vraiment cohérente. L'ensemble Tai Chi Chuan - Chi
Kong - méditation - armes - massages - exercices de santé
- techniques martiales représente une vaste famille de pratiques
dont le cœur serait le souffle interne.
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